Une politique de gestion durable des terres dans le Diobass devra passer par une prise en compte effective de la question de la revitalisation de cette vallée et de la restauration de ses terres. Voilà pourquoi elles font partie des axes prioritaires retenus dans la communauté rurale de Notto.
(Correspondance) - La revitalisation de la vallée du Diobass ainsi que la restauration des terres bordant cette vallée, font partie des axes prioritaires retenus par les populations de Notto, lors de la présentation du projet dit de gestion durable des terres. Lequel projet entend, dans sa phase test, s’investir dans la communauté rurale de Notto Diobass. Aussi le Comité local de développement (Cld) présidé par l’autorité administrative sur initiation de l’Institut national de pédologie, maître d’œuvre, s’est-il penché sur les tenants et aboutissants du projet de gestion durable des terres. Il s’agit, avec ce projet, de travailler en relation avec les populations à la restauration et la protection des terres. Car, de l’avis de François Mendy qui présentait le projet, le constat est que deux tiers des terres cultivables connaissent une dégradation très avancée. Laquelle dégradation est, selon lui, largement tributaire des actions de l’homme, du changement climatique ainsi que de la raréfaction des pluies, sans compter l’exploitation abusive des terres. D’où, poursuit-il, l’urgence de mettre en place un système de gestion participative apte à une meilleure gestion. Aussi et en plus des populations bénéficiaires, le projet devrait s’investir en partenariat avec des organismes comme l’Isra, l’Ancar, et l’Asprodeb.
Toutes composantes autour desquelles devra se constituer un cadre dit d’investissement stratégique pour une bonne prise en charge des huit communautés rurales retenues dans la phase test du projet, mais aussi pour une bonne cohérence des différents projets intervenant dans le même domaine de gestion des terres au sein des collectivités ciblées par le projet. Ce cadre qui, selon François Mendy, devrait faire l’objet d’un décret, aura comme mission de faire en sorte que la gestion durable des terres soit prise en compte dans le budget de l’Etat sénégalais afin d’assurer sa pérennisation.
Cette dernière précision répond à une des préoccupations soulevées par le Comité local de développement et relatives à la crainte de voir ce projet faire long feu à l’instar de tous ceux qui l’ont précédé. Des projets qui s’investissent un temps pour disparaître comme ils étaient venus, sans aucun impact sur la vie des populations.
Toutefois, à l’instar de Ndèye Fatou Ndiaye, responsable du Cadre local de concertation des organisations de producteurs (Clcop), les populations sont d’avis que le projet de gestion des terres peut constituer une réponse favorable aux difficultés auxquelles elles font face. Des difficultés qui ont pour nom la faiblesse des rendements en matière de production agricole. Mais, précisent-elles, pour l’atteinte des objectifs du projet, il faudrait qu’un accent particulier soit mis sur la revitalisation de la vallée du Diobass qui a, de tout temps, représenté le poumon économique de l’ensemble des cinquante-sept villages composant le Diobass. Laquelle vallée a commencé à se dessécher vers les années 70. Et selon Cheikh Sène, conseiller rural et producteur, cette situation n’est que la conséquence de la déforestation du plateau de Thiès. Car, avec la disparition de la forêt, il n’y a plus suffisamment de plantes et de racines pour retenir l’eau de pluies. Ainsi, faute de condition favorable à une bonne infiltration, l’eau ruisselle sur tout le plateau, lessivant toutes les terres arables et créant des ravinements qui rendent les terres impraticables. Sans compter l’effet d’ensablement de la vallée qu’elle occasionne. Pour dire, selon lui, qu’une bonne politique de gestion durable des terres dans le Diobass devra passer par une prise en compte effective de la question de la revitalisation de ladite vallée et de la restauration de ses terres.
Piloté par l’Institut national de pédologie, le projet de gestion durable des terres s’investit dans les communautés rurales de Notto Diobass et Méouane dans le département de Thiès, Niakhar et Fimela dans celui de Fatick, Lat Mbengué à Kaolack, Touba Mouride à Diourbel et Nganda à Kafrine. Il est financé par le Fonds mondial de l’environnement pour une enveloppe d’un peu plus de 2 milliards de francs Cfa pour une durée de trois ans.
Sidy DIENG

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