Le mandat de l’équipe de patriotes que les sénégalais éliront en 2012, devra s’inscrire dans un exercice de reconstruction de notre système démocratique affaissé, dont la clef de voûte est son mode de consultation à travers lequel le peuple souverain, exprime sa volonté et choisit par le vote ses gouvernants, selon le principe « un homme, une voix ». Cet exercice est une exigence de la citoyenneté et de la bonne gouvernance.
La récente démission forcée du juge Moustapha Touré Président de
Dans ces conditions, l’urgence des nouveaux dirigeants qui seront choisis par le peuple en 2012, devra donc être la mise sur pied d’une institution autonome et indépendante, de gestion des questions électorales. A cet égard, le temps sera venu de créer l’Autorité de Régulation de
Rappelons le mot de Périclès, repris par Abraham Lincoln, consacrant le fondement théorique de la démocratie, qui a été introduit dans la constitution de 1958 de
Par conséquent, dans la mission de reconstruction de son système démocratique, le Sénégal devra se fixer comme ambition de permettre à tous les citoyens de jouir du droit de vote. C’est ainsi que l’une des premières tâches de l’Autorité de Régulation de
Cependant, il est important de noter, que cette mission de « permettre à tous les citoyens de jouir du droit de vote » ne peut pas se faire sans au préalable, la mise en place d’un système d’état civil fiable. Car le citoyen électeur s’inscrit dans l’actuel fichier national des cartes d’identité (CNI), puis dans le fichier électoral grâce à son extrait de naissance, acte juridique de l’état civil, qui doit être authentique et signé par un officier de l’état civil. L'état civil est l'une des principales compétences que l'État a déléguée aux collectivités locales. Malheureusement, de nombreux dysfonctionnements sont constatés principalement sur les modalités de délivrance des actes et la conservation des registres. Ces dysfonctionnements sont nés de la création de nouvelles collectivités, de l’inaccessibilité des centres d’état civil surtout en monde rural, de l’absence de locaux fonctionnels pour les archivages ou du manque de qualification du personnel de soutien. Par ailleurs, beaucoup des fraudes sont constatées sur l’état civil au Sénégal.
Mais au-delà de la dimension de gestion électorale, un système d’état civil fiable, est avant tout, un instrument de sécurité nationale et internationale, et permet au citoyen d’obtenir sa nationalité. A ce titre, il constitue un outil indispensable à la construction de la citoyenneté. En plus, lorsqu’il est fiable, il permet de définir des politiques publiques viables, et consolide l’unité nationale. Au Sénégal, l’Agence Nationale de
Dans ce contexte, les nouvelles autorités issues de l’élection présidentielle de 2012, devront mettre en place la cellule chargée de fiabiliser, moderniser, informatiser et sécuriser l’état civil sénégalais. Cette cellule pourrait être le Centre National de l’Etat Civil, qui devra être renforcé par les élus locaux, l’Agence Informatique de l’Etat, les opérateurs de télécommunications et par d’autres compétences nationales : statisticiens, sociologues, juristes, informaticiens, économistes. Pour réaliser cette importante mission sur l’état civil, il va falloir, dans le cadre d’un consensus national qui rendra irréversible les choix structurants qui seront opérés, mettre en place un cadre juridique adapté pour organiser de nouvelles procédures, adapter et créer des textes de lois, puis de légiférer. Ainsi, certaines lois devront être réadaptées aux évolutions démographiques du Sénégal et aux contraintes liées à la décentralisation. Il en sera ainsi du code de la famille, de la loi sur la décentralisation, de la loi sur l’informatique et les libertés, etc.... Nos politiques publiques seront aussi revisitées.
Plus généralement, il faudra mener une vaste campagne de formation des acteurs et de sensibilisation des populations sur l’état civil. Il s’agira aussi de procéder à une révision institutionnelle, pour améliorer la synergie entre le Centre National de l’état civil et les centres principaux et secondaires et assurer une meilleure coordination entre les ministères concernés. Enfin, l’Etat devra engager un vaste chantier de réhabilitation et de construction de locaux fonctionnels et sécurisés dans les collectivités locales, pour la gestion et la conservation de l’état civil. Tout ce chantier devra être clôturé par un système informatique biométrique de l’état civil (SIBEC), qui interconnectera tous les centres d’état civil principaux et secondaires, le Centre National de l’état civil, l’Agence Nationale de
A l’évidence, le projet de refondation de notre système de l’état civil, est certes complexe, mais à notre portée, si les autorités issues de l’élection présidentielle de 2012, ont la volonté politique ferme de le réaliser. Si nous tenons compte de la situation démographique du Sénégal, des réformes institutionnelles à engager, des délais dans les procédures d’appels d’offres publiques, des infrastructures à construire, de l’ordonnancement de ces tâches et de l’observation de projets similaires dans d’autres pays, la durée minimale d’un tel projet pourrait être estimée à cinq (05) ans. Rappelons que la précédente refonte du 25 août 2004, qui a donné naissance au « fichier électoral » actuel, n’avait pas pris en charge la fiabilisation de l’état civil, et a duré quatre (04) ans !
Ainsi donc, la mise en place d’un système d’état civil fiable, fondement de notre système démocratique, est une tâche incontournable. Si c’est le candidat du PDS qui est réélu en 2012, il est évident que nous pouvons faire le deuil d’un tel système, parce que ce parti politique ne trouvera pas la nécessité de procéder au changement d’un « système qui marche ». Si par contre, c’est le candidat de la coalition Benno Siggil Sénégal qui l’emporte, alors le rêve est permis. Dans ce cas, il lui appartiendra avec son équipe de voir, s’il souhaite mener à son terme cette importante mission de modernisation et de sécurisation de notre système d’état civil, en exécutant chacune de ses phases de conception, de réalisation, de suivi et d’évaluation. Ou alors, s’il souhaite l’escamoter et laisser à son futur successeur le soin de poursuivre et d’achever la mission. Si c’est la première option qu’il retient, il faudra alors qu’il s’engage durant un mandat Constitutionnel de cinq (05) ans, dans le cadre d’un consensus national qui regroupera tous les patriotes dont les futurs vaincus, à réaliser cette mission salvatrice pour
Alioune SARR
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